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Soutenance de thèse Leny ESCOBAR

Du déchirement du monde aux puissances du politique : le politique en tant que moyen d'ordre dirigé par Monsieur Patrick TROUDE-CHASTENET

Salle des thèses - Campus de Pessac

 

Du déchirement du monde aux puissances du politique : le politique en tant que moyen d'ordre

Membres du jury 

M. Patrick TROUDE-CHASTENET Université de Bordeaux Directeur de thèse
M. Thierry GONTIER Université Jean Moulin Lyon 3 Rapporteur
M. Thierry MÉNISSIER Université Grenoble Alpes IPHIG Rapporteur
Mme Frédérique RUEDA Université de Bordeaux Examinatrice

La thèse proposée pourrait tenir en une proposition simple : le politique est un moyen d’ordonner le monde. Si cette formulation ne saurait être suffisante, elle ne laisse aucun doute sur la perspective définitionnelle engagée ni sur l’objet de la recherche : le politique. Dès lors, ce travail soutiendra que le politique est une réalité intermédiaire définie par ses puissances. Prise de cette manière, la thèse en question semblera obscure, ce qui n’est pas étranger à la perspective définitionnelle : en résumant le travail effectué, une grande partie du discours en est absente. Si ce travail accorde une place centrale à la question classique « qu’est-ce que le politique », c’est tout autant par la position de départ que cette thèse prend naissance. En effet, en usant du syntagme du « déchirement du monde », nous partons de la position selon laquelle le politique n’est qu’un moyen parmi d’autres d’ordonner le monde. Mais tandis qu’il n’est qu’un moyen, il ne saurait être rien : il serait précisément un moyen avec sa réalité propre. En soutenant l’unité réelle du politique, il s’agira d’en étudier les sens multiples et apparemment contradictoires dont il fait l’objet. Parallèlement de démontrer que la question classique " qu’est-ce que le politique" reste une question d’actualité et de profusion qui, même en étant circonscrite au moyen, dispose de voies multiples pour y parvenir. Celle choisie est celle du politique, qui tentera de soutenir que le politique est un moyen d’ordonner le monde en prenant pour seule direction le politique. En proposant cette thèse, nous ne pourrons faire l’économie des frontières du politique, jusqu’à celle de l’identification de ce type de travail. Davantage, nous essaierons de soutenir que l’intérêt porté aux frontières est fécond en nous intéressant au couple de la politique, plus précisément au sens de science politique, et du politique. Pour ce faire, nous proposerons dans un premier temps de nous appesantir sur le mythe. Pourquoi le mythe ? Le mythe a une première valeur d’auto-objection, en raison du syntagme du déchirement du monde, tandis que nous pouvons le retrouver de manière diffuse dans les études politiques, l’état de nature en étant sans doute l’exemple le plus fameux. En procédant comparativement sera recherché un sens du mythe du point de vue politique ; sens qui sera nommé mythique pour circonscrire l’étude. L’intérêt du mythique sera de proposer une manière de dire présentant une valeur heuristique.

Nous débouchons ainsi sur l’hypothèse selon laquelle le mythique concerne tant le politique que la science politique.
Pour pouvoir traiter efficacement de cette hypothèse en particulier, nous userons d’une modeste généalogie du politique qui en recherchera l’origine et la fin. Un tel usage, aujourd’hui répandu, provient ici de l’idée selon laquelle nous pouvons diviser le politique en des moments constitutifs. En nous intéressant à différents sens permettant de désigner origine et fin, nous identifierons l’origine du politique par le « savoir gouverner » et la fin par son autonomie. Pour autant, ce n’est qu’à la faveur d’un troisième temps qui vise à reprendre origine et fin que nous pourrons soutenir que le politique est une réalité intermédiaire, c’est-à-dire une réalité produite qui n’est ni purement intelligible ni purement sensible. Grâce à ce parcours peut s’ouvrir une troisième partie qui se consacrera à rassembler et synthétiser les parties précédentes en portant l’étude sur la puissance. C’est en divisant la puissance en trois puissances politiques — maintenir, limiter et gouverner — que nous sera permis d’appréhender et de comprendre autrement des concepts célèbres de la science politique, comme ceux d’État ou de Loi. C’est à l’aide cet ultime tableau que nous parviendrons à soutenir cette thèse simple : le politique est un moyen d’ordonner le monde.